L’appel du Large
EXPOSITION Collective

Leila Alaoui, Youssef Nabil, Mohamed El Baz, Yoriyas

Commissariat : Kebir Mustapha Ammi
16 juin – 30 août 2026
Galerie Mohamed Drissi
Photo Tanger, Festival International de l’Image, est heureux d'annoncer sa première édition, qui se tiendra du 17 juin au 31 août 2026 dans divers lieux culturels et espaces publics à travers la ville de Tanger. Fidèle à l’héritage photographique de la ville tout en explorant les pratiques visuelles contemporaines et leurs évolutions, Photo Tanger a été pensé comme un trait d’union entre artistes confirmés et talents émergents venus d’ici et d’ailleurs. Ancré dans son territoire mais résolument ouvert à l’international, le festival met en lumière de nouveaux regards et encourage les dialogues interculturels. Pour cette première édition, le thème « L’appel du large » rend hommage à l’identité maritime de Tanger, à la croisée de la Méditerranée et de l’océan Atlantique. Il explore les notions de voyage, d’altérité et d’imaginaire, rappelant combien la ville attire, depuis l’Antiquité, créateurs et esprits en quête d’inspiration. Le festival participe ainsi au rayonnement de Tanger et à son attractivité culturelle. À travers sa programmation, Photo Tanger affirme l’image comme un langage universel, capable de questionner, de rassembler et d’émouvoir.
© Yoriyas.

Les quatre artistes présentés à la galerie Drissi à Tanger, réunis autour du thème « L’appel du large », partagent avec cette ville un même élan : celui du voyage et du plaisir d’explorer l’imaginaire, qui nourrissent profondément leur création. Le voyage y est envisagé à la fois comme une expérience intérieure, intime et émotionnelle, et comme une ouverture à la rencontre de l’autre. Portés par des parcours riches et une imagination foisonnante, ces artistes nous invitent à découvrir des univers singuliers et des regards uniques.

Seront exposées les photographies de :

Leila Alaoui
Leila Alaoui a étudié la photographie à l’Université de la Ville de New York, où sa vision artistique a été marquée par le regard de Richard Avedon, l’un des grands portraitistes du XXe siècle. Ses portraits se distinguent par leur forte dimension picturale, tandis que son travail explore la construction de l’identité, les diversités culturelles et les dynamiques migratoires dans l’espace méditerranéen. En 2014, lors d’un voyage en Inde, elle réalise la série Made in India, témoignant de son engagement artistique. Durant ce séjour, elle immortalise les visages d’une communauté de travailleuses dans une usine de confection textile, mettant en valeur la singularité de chacune. Ce faisant, elle leur confère une forme de noblesse tout en soulignant leur autonomie et leur dignité. En 2016, alors qu’elle était en mission pour Amnesty International afin de documenter les droits des femmes en Afrique de l’Ouest, Leila Alaoui a été assassinée lors d’un attentat à Ouagadougou. Elle laisse une œuvre profondément engagée, à la croisée de la photographie documentaire et de l’art contemporain. Son travail et ses combats sont aujourd’hui perpétués par la Fondation Leila Alaoui, qui œuvre à la diffusion de son héritage et au soutien de jeunes artistes partageant ses valeurs.

Mohamed El Baz
Mohamed El Baz a développé une œuvre en perpétuel recommencement, intitulée « Bricoler l’incurable », qui vise à exprimer le mal-être contemporain. Chaque nouvelle exposition constitue un fragment de ce projet évolutif, devenu le moteur de sa vie. Il réalise cette série de trois photographies lors de l’un de ses voyages en Tunisie, où l’artiste a recours à l’un de ses dispositifs fétiches : les ampoules. Il s’invite chez une famille modeste et fait poser trois de ses membres, chacun étant entouré d’un collier de lampes allumées. La prise de vue frontale, d’où les figures surgissent de la pénombre, leur confère une allure comme auréolée de lumière, renforçant à la fois leur présence et leur dignité.

Youssef Nabil :
Youssef Nabil s’est construit une identité visuelle forte dès ses premières photographies, au début des années 1990, en recourant à l’ancienne technique de colorisation à la main de tirages argentiques en noir et blanc. Ses inspirations oscillent entre la nostalgie de l’âge d’or du cinéma égyptien et l’interrogation des sentiments de déplacement et d’appartenance. Il réalise de nombreux autoportraits mis en scène, dans lesquels la présence de la mer symbolise son attachement à la Méditerranée et l’état d’esprit qui caractérise ce territoire émotionnel. À partir de 2010, Youssef Nabil réalise son premier film, You Never Left, qui marque son début en tant qu’artiste vidéaste, parallèlement à son travail photographique, suivi de plusieurs autres réalisations filmiques. Dans le cadre de cette exposition, il présente trois films conçus comme des voyages allégoriques explorant les dualités entre vie et mort, réalité et rêve, patrie et exil.

Yoriyas :
Yassine Alaoui, alias Yoriyas, est un photographe et chorégraphe marocain. Il commence sa carrière artistique comme danseur professionnel de breakdance avant de se tourner vers la photographie en 2014. Il adopte alors la pratique de la « street photography », déambulant dans les rues avec son appareil toujours prêt à capturer l’instant. Fort de son expérience en chorégraphie, Yoriyas insuffle à ses images un sens aigu du mouvement, du rythme et de l’espace. Ses photographies reflètent son environnement quotidien et mettent en lumière la manière dont les individus investissent et transforment les espaces urbains. Ses scènes, principalement à Casablanca mais aussi dans diverses métropoles internationales qu’il parcourt, sont spontanées et témoignent d’une grande maîtrise de la composition, du temps et de l’espace. Yoriyas utilise de manière audacieuse la couleur et les formes, apportant à ses clichés fantaisie et humour, tout en conservant un regard poétique sur la vie urbaine.

Commissaire :
Kebir Mustapha Ammi est écrivain, romancier et poète. Il s’est imposé comme un auteur majeur des lettres francophones. Son œuvre s’inspire de la souffrance de l’exclusion et des questions identitaires. Elle est riche de ses différentes appartenances culturelles et fait une large place à l’histoire du Maghreb.

Scénographe :
Isabelle Timsit

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